
Mon coeur s'est arrêté. Je l'ai senti faire un bond dans ma poitrine. Tu reviens. Je n'attendais de ta part que ces deux seuls mots, tu sais ? Et à ce moment là, je me suis à la fois sentit mourir et renaître. Je t'ai ( longtemps ) attendu, tu sais ? Désespérément, parfois ; pour rien, souvent. Mais à l'instant où tu as prononcé de ta voix chaude ces deux mots, le monde s'est arrêté de tourner - lui qui avançait si vite et à contre courant de ce que je ressentais. J'ai eu mal. A m'en arracher les yeux, à m'en mordre jusqu'à l'os. Notre bonheur autrefois ineffable a su prendre son sens contraire le jour où tu as fait la distinction du " Nous " au " Je " et " Tu " ; ce même jour, tes mots d'amour et tes regards attendrissants ont laissé place au néant. Après ? J'ai survécu. J'avançais à reculons en attendant de t'entendre prononcer une phrase magique. J'ai eu peur. Peur que tu ne reviennes pas, peur de te voir heureux ou plus heureux avec quelqu'un d'autre que moi. Je n'ai pas avancé, depuis le temps ; mais l'espoir seul que les choses reprennent leur court normal ou qu'un miracle se produise m'ont suffit à ne pas lâcher prise. Mais maintenant, tu es là. Enfin. Finies ces nuits sans sommeil à me demander ce que nous avions bien pu rater dans notre Histoire. Ces semaines entières à te voir apparaître dans chaque coin de rues, emplis de nos souvenirs. Mais maintenant tu te tiens là, face à moi, le regard chargé de cette tendresse qui m'a tant manquée. Je ne t'ai jamais quitté, moi. Et j'ai cette impression de plus en plus forte de t'appartenir quand tu te tiens près de moi. Pour concrétiser ce retour à l'Amour, tu te penches vers moi ; et c'est à ce moment là que je me réveille. Dehors, il fait encore nuit. Mon subconscient m'a encore joué des tours, comme s'il souhaitait lui aussi remettre le couteau dans la plaie. Depuis, je n'ai pas fermé l'oeil, par peur de revivre ce moment, et que mes rêves me fassent faiblir encore une fois, même quand je croyais ne pouvoir l'être plus.



